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jojolepetitsavoyard
Description du blog :
avec ce blog je souhaite partager des extrais de lectures, poèmes, recettes de cuisine, citations
Catégorie :
Blog Livre
Date de création :
03.09.2007
Dernière mise à jour :
26.06.2008
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Le soutien de Dieu

Posté le 12.02.2008 par jojolepetitsavoyard
Un jour un homme arriva au paradis et demanda à Dieu s’il pouvait revoir toute sa vie, aussi bien les joies que les moments difficiles…Et Dieu le lui accorda.
Il lui fit voir toute sa vie comme si elle se trouvait projetée le long d’une plage de sable et comme si lui, l’homme, se promenait le long de cette plage.
L’homme vit que tout le long du chemin, il y avait quatre empreintes de pas sur le sable, les siennes et celles de Dieu. Mais dans les moments difficiles, il n’y en avait plus que deux…
Très surpris et même peiné, il dit à Dieu : « Je vois que c’est justement dans les moments difficiles que Tu m’as laissé seul…
-Mais non ! Lui répondit Dieu ; dans les moments difficiles, il y avait seulement les traces de mes pas, parce qu’alors…je te portais dans mes bras ».

D’après Ademar de Borros (Brésil)



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La jalousie

Posté le 11.02.2008 par jojolepetitsavoyard
LA JALOUSIE

« Quelle lâcheté de se sentir découragé du bonheur des autres et d’être accablé de leur fortune ».
Montesquieu

Etrange sentiment que la jalousie. On est jaloux du bonheur des autres, sûrement pas de leur malheur. N’est-ce pas absurde ?.....Le contraire de la jalousie, c’est se réjouir de toutes joies, petites et grandes, que connaissent les autres. Leur bonheur devient le nôtre.
Voici le portrait que Voltaire brosse de la jalousie :
« La sombre Jalousie au teint pâle et livide
Suit d’un pas chancelant le Soupçon qui la guide ».

…..Dans tous les cas de figure, la jalousie procède d’une blessure du moi, elle est donc le fruit d’une illusion…..
Qui plus est, la jalousie est absurde pour celui qui la ressent, puisque à moins qu’il n’ait recours à la violence, il en est la seule victime. Son dépit n’empêche pas ceux dont il est jaloux d’avoir plus de succès, d’argent ou de qualités. Comme l’explique le Dalaï-lama : « Même si celui qui est plus riche ou intelligent que nous n’en fait profiter personne d’autre, que gagnons-nous à laisser la jalousie nous torturer ? »
Pascal Bruckner parle de ces envieux pour qui, « il n’est rien de plus intolérable que la vue du bonheur d’autrui quand on ne va pas bien «. En vérité, qu’est-ce que le bonheur des autres pourrait bien vous enlever ? Rien bien sûr….Pourquoi ne pas prendre la joie de l’autre comme une source d’inspiration, un exemple vivant du bonheur accompli, au lieu d’en faire une source de vexation et de tourment.
La Rochefoucauld faisait observer dans ses Maximes : « Il y a dans la jalousie plus d’amour-propre que d’amour. »
Seul l’ego a le front d’affirmer : « Ton bonheur ne peut passer que par le mien. » Comme l’écrit Svami Prajnanpad : « Quand vous aimez quelqu’un, vous ne pouvez espérer qu’il fasse ce qui vous plaît. Cela reviendrai à vous aimer vous-même. »


Plaidoyer pour le bonheur
Matthieu Ricard

Les clés de la réussite

Posté le 08.02.2008 par jojolepetitsavoyard
Les clés de la réussite selon Ralph Waldo Emerson

Rire souvent et beaucoup aimer;
Gagner le respect d'êtres intelligents et l'affection des enfants;
Obtenir l'approbation de critiques honnêtes et supporter la trahison d'amis peu sincères;
Apprécier la beauté;
Voir ce qu'il y a de meilleur dans les autres;
Donner de soi-même sans rien attendre en retour;
Rendre le monde un peu meilleur que ce soit par la grâce d'un enfant en bonne santé, d'une âme sauvée, d'un carré de jardin ou d'une condition sociale meilleure;
Avoir ri avec enthousiasme et chanté de tout son coeur;
Savoir qu'un seul être a mieux respiré parce que vous avez vécu.
C'est cela la réussite.

Primo Levi : Si c'est un homme

Posté le 07.02.2008 par jojolepetitsavoyard
Primo Levi est né à Turin en 1919. Son premier livre « Si c’est un homme », paru en 1947, le journal de sa déportation, est l’un des tout premiers témoignages sur l’horreur d’Auschwitz. Voici le poème écrit en introduction de son témoignage.

SI C’EST UN HOMME

Vous qui vivez en toute quiétude
Bien au chaud dans vos maisons,
Vous qui trouvez le soir en rentrant
La table mise et des visages amis,
Considérez si c’est un homme
Que celui qui peine dans la boue,
Qui ne connaît pas de repos,
Qui se bat pour un quignon de pain,
Qui meurt pour un oui pour un non.
Considérez si c’est une femme
Que celle qui a perdu son nom et ses cheveux
Et jusqu’à la force de se souvenir,
Les yeux vides et le sein froid
Comme une grenouille en hiver.
N’oubliez pas que cela fut,
Non, ne l’oubliez pas :
Gravez ces mots dans votre cœur.
Pensez-y chez vous, dans la rue,
En vous couchant, en vous levant ;
Répétez-le à vos enfants.
Ou que votre maison s’écroule,
Que la maladie vous accable,
Que vos enfants se détournent de vous.


Si c’est un homme
Primo Levi

La mort

Posté le 06.02.2008 par jojolepetitsavoyard
En disant : "J'ai réglé mes comptes avec la vie", je veux dire : l'éventualité de la mort est intégrée à ma vie ; regarder la mort en face et l'accepter comme partie intégrante de la vie, c'est élargir cette vie. Al'inverse, sacrifier dès maintenant à la mort un morceau de cette vie, par peur de la mort et refus de l'accepter, c'est le meilleur moyen de ne garder qu'un pauvre petit bout de vie mutilée, méritant à peine le nom de vie. Cela semble un paradoxe : en excluant la mort de sa vie on se prive d'une vie complète, et en l'y accueillant on élargit et on enrichit sa vie.
Une vie bouleversée
Etty Hillesum
Ce texte est à rapprocher de la citation suivante dont je ne me rappelle plus l'auteur :
"une pas assez constante pensée de la mort n'a donné pas assez de prix aux plus petits instants de ta vie".

Les Misérables: la mort de Gavroche

Posté le 04.02.2008 par jojolepetitsavoyard
.....Une cinquième balle ne réussit qu'à tirer de lui un troisième couplet:
Joie est mon caractère,
C'est la faute à Voltaire,
Misère est mon trousseau,
C'est la faute à Rousseau

Cela continua ainsi quelque temps.
Le spectacle était épouvantable et charmant. Gavroche, fusillé, taquinait la fusillade. Il avait l'air de s'amuser beaucoup. C'était le moineau becquetant les chasseurs. Il répondait à chaque décharge par un couplet. On le visait sans cesse, on le manquait toujours. Les gardes nationaux et les soldats riaient en l'ajustant. Il se couchait, puis se redressait, s'effaçait dans un coin de porte, puis bondissait, disparaissait, reparaissait, se sauvait, revenait, ripostait à la mitraille par des pieds de nez, et cependant pillait les cartouches, vidait les gibernes et remplissait son panier. Les insurgés, haletants d'anxiété, le suivaient des yeux. La barricade tremblait; lui, il chantait. Ce n'était pas un enfant, ce n'était pas un homme; c'était un étrange gamin fée. On eût dit le nain invulnérable de la mêlée. Les balles couraient après lui, il était plus leste qu'elles. Il jouait on ne sait quel effrayant jeu de cache-cache avec la mort; chaque fois que la face camarde du spectre s'approchait, le gamin lui donnait une pichenette.
Une balle pourtant, mieux ajustée ou plus traître que les autres, finit par atteindre l'enfant feu follet. On vit Gavroche chanceler, puis il s'affaissa. Toute la barricade poussa un cri; mais il y avait de l'Antée dans ce pygmée; pour le gamin toucher le pavé, c'est comme pour le géant toucher la terre; Gavroche n'était tombé que pour se redresser; il resta assis sur son séant, un long filet de sang rayait son visage, il éleva ses deux bras en l'air, regarda du côté d'où était venu le coup, et se mit à chanter:

Je suis tombé par terre,
C'est la faute à Voltaire,
Le nez dans le ruisseau,
C'est la faute à...

Il n'acheva point. Une seconde balle du même tireur l'arrêta court. Cette fois il s'abattit la face contre le pavé, et ne remua plus. Cette petite grande âme venait de s'envoler.


Les Misérables
Victor Hugo

Le Désir

Posté le 03.02.2008 par jojolepetitsavoyard
LE DESIR
« Il est rare qu’un bonheur viennent justement se poser sur le désir qui l’avait réclamé »
Marcel Proust

Personne ne contestera qu’il est naturel de désirer et que le désir joue un rôle moteur dans notre vie….Le désir peut nourrir notre existence comme il peut l’empoisonner.
Il peut aussi s’élargir, se libérer et s’approfondir pour devenir une aspiration. Celle de faire de soi un meilleur être humain, d’œuvrer au bien des êtres, ou d’atteindre l’Eveil spirituel…..
…Si naturel soit-il, le désir dégénère rapidement en « poison mental » dès qu’il devient soif impérative, obsession ou attachement incontrôlable….
…Partir sur le chemin des désirs est la facilité même. Mais l’allégresse des premiers pas est de courte durée…Les plaisirs, une fois goûtés, ne demeurent pas, ne se conservent pas et ne fructifient pas : ils s’évanouissent.

Du désir à l’obsession :
Le désir obsédant qui accompagne la passion amoureuse dégrade l’affection, la tendresse, la joie d’apprécier et de partager la vie d’autrui. Il se situe à l’antipode de l’amour altruiste. Il procède d’un égocentrisme maladif qui, en l’autre, ne chérit que soi-même ou, pire, tente de construire son propre bonheur à ses dépens….
Qu’en est-il de l’engouement sexuel ? On admettra avec Christian Boiron, que « l’attirance sexuelle n’est pas pathologique, mais ce n’est pas non plus une émotion, il s’agit de l’expression normale d’un désir comme la faim et la soif ». Il n’en reste pas moins que c’est la passion sexuelle qui éveille en nous les plus puissantes émotions, car elle tire sa force des cinq sens qu’elle implique tous ensemble…..

Désir, amour et attachement :
Comment distinguer l’amour véritable de l’attachement possessif ?.....Ne pas être attaché ne signifie pas que l’on aime moins une personne, mais que l’on n’est pas essentiellement préoccupé par l’amour de soi à travers l’amour que l’on prétend donner à l’autre. L’amour altruiste est la joie de partager la vie de ceux qui nous entourent….et de contribuer à leur bonheur. On les aime pour ce qu’ils sont et non pas à travers le prisme déformant de l’égocentrisme… Au lieu d’être attaché à l’autre, on est concerné par son bonheur ; au lieu de vouloir le posséder, on se sent responsable de son bien-être ; au lieu d’attendre anxieusement une gratification de sa part, on sait recevoir avec joie son amour réciproque.


Plaidoyer pour le bonheur
Matthieu Ricard

Charles Baudelaire : SEMPER EADEM

Posté le 01.02.2008 par jojolepetitsavoyard
SEMPER EADEM

« D’où vous vient, disiez-vous, cette tristesse étrange,
Montant comme la mer sur le roc noir et nu ? »
-quand notre cœur a fait une fois sa vendange,
Vivre est un mal. C’est un secret de tous connu.

Une douleur très-simple et non mystérieuse,
Et, comme votre joie, éclatante pour tous.
Cessez donc de chercher, ô belle curieuse !
Et, bien que votre voix soit douce, taisez-vous !

Taisez-vous, ignorante ! âme toujours ravie !
Bouche au rire enfantin ! Plus encore que la Vie,
La Mort nous tient souvent par des liens subtils.

Laissez, laissez mon cœur s’enivrer d’un mensonge,
Plonger dans vos beaux yeux comme dans un beau songe,
Et sommeiller longtemps à l’ombre de vos cils !


Les Fleurs du Mal
Charles Baudelaire

RUY BLAS

Posté le 31.01.2008 par jojolepetitsavoyard
RUY BLAS
Hier, il m’a dit :-Il faut être au palais demain
Avant l’aurore. Entrez par la grille dorée.-
En arrivant il m’a fait mettre cette livrée,
Car l’habit odieux sous lequel tu me vois,
Je le porte aujourd’hui pour la première fois.


DON CESAR
Espère !

RUY BLAS
Espérer ! Mais tu ne sais rien encore.
Vivre sous cet habit qui souille et déshonore,
Avoir perdu la joie et l’orgueil, ce n’est rien.
Etre esclave, être vil, qu’importe !-Ecoute bien.
Frère ! je ne sens pas cette livrée infâme,
Car j’ai dans ma poitrine une hydre aux dents de flamme
Qui me serre le cœur dans ses replis ardents.
Le dehors te fait peur ? Si tu voyais dedans


DON CESAR
Que veux-tu dire ?

RUY BLAS
Invente, imagine, suppose,
Fouille dans ton esprit. Cherches-y quelque chose
D’étrange, d’insensé, d’horrible et d’inouï.
Une fatalité dont on soit ébloui !
Oui, compose un poison affreux, creuse un abîme
Plus sourd que la folie et plus noir que le crime,
Tu n’approcheras pas de mon secret.
-Tu ne devines pas ?- Hé ! qui devinerait,-
Zafari ! dans le gouffre où mon destin m’entraîne
Plonge les yeux !- je suis amoureux de la reine
!
………………….
Ruy Blas Acte 1 scène 3
Victor Hugo

Arthur Rimbaud : Ophélie

Posté le 30.01.2008 par jojolepetitsavoyard
OPHELIE

1
Sur l’onde calme et noire où dorment les étoiles
La blanche Ophélia flotte comme un grand lys,
Flotte très lentement couchée en ses longs voiles…
-On entend dans les bois lointains des hallalis.

Voici plus de mille ans que la triste Ophélie
Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir.
Voici plus de mille ans que sa douce folie
Murmure sa romance à la brise du soir.

Le vent baise ses seins et déploie en corolle
Ses grands voiles bercés mollement par les eaux ;
Les saules frissonnants pleurent sur son épaule,
Sur son grand front rêveur s’inclinent les roseaux.

Les nénuphars froissés soupirent autour d’elle ;
Elle éveille parfois, dans un aune qui dort,
Quelque nid, d’où s’échappe un petit frisson d’aile :
-Un chant mystérieux tombe des astres d’or.

2
O pâle Ophélia ! belle comme la neige !
Oui tu mourus, enfant, par un fleuve emporté !
-C’est que les vents tombant des grands monts de Norwège
T’avaient parlé tout bas de l’âpre liberté ;

C’est qu’un souffle, tordant ta grande chevelure,
A ton esprit rêveur portait d’étranges bruits ;
Que ton cœur écoutait le chant de la Nature
Dans les plaintes de l’arbre et les soupirs des nuits ;

C’est que la voix des mers folles, immense râle,
Brisait ton sein d’enfant, trop humain et trop doux ;
C’est qu’un matin d’avril, un beau cavalier pâle,
Un pauvre fou, s’assit muet à tes genoux !

Ciel ! Amour ! Liberté ! Quel rêve, ô pauvre Folle !
Tu te fondais à lui comme une neige au feu ;
Tes grandes visions étranglaient ta parole
-Et l’Infini terrible effara ton œil bleu !

3
-Et le poète dit qu’aux rayons des étoiles
Tu viens chercher la nuit, les fleurs que tu cueillis,
Et qu’il a vu sur l’eau, couchée en ses longs voiles,
La blanche Ophélia flotter, comme un grand lys.


Arthur Rimbaud
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